Nous publions ci-dessous un article de Leonardo Fernandes, correspondant à Caracas pour Brasil de Fato, qui a été édité par le site Venezuela Infos. Il montre comment Hugo Chávez est toujours très présent dans l’esprit de la population qui a fêté le 28 juillet dernier le 72e anniversaire de la naissance de l’ancien président.
L’une des figures de proue du chavisme, Freddy Bernal, ancien ministre de l’Intérieur et de la Justice, ancien maire de Caracas et actuel gouverneur de l’État de Táchira, a profité de ce rassemblement pour appeler la base révolutionnaire à résister à l’ingérence états-unienne. « Qui a dit que le chavisme était fini ? Qui a dit que Bolívar était enterré ? Au contraire, Chávez nous a appris à grandir dans l’adversité. Il s’agit de ne pas capituler, de ne pas nous laisser déstabiliser et de ne pas laisser qu’on continue à bafouer la dignité de la patrie », a déclaré Bernal.
« Nous ne pouvons jamais oublier le bombardement du 3 janvier », a-t-il poursuivi. « Le 3 janvier, nous avons été criminellement bombardés par une puissance étrangère alors que nous ne sommes en guerre contre personne. Cela signifie qu’il s’agissait d’un bombardement lâche, d’un bombardement perfide, et personne ne peut oublier ce jour néfaste pour la patrie. Ce jour-là, ils ont enlevé le président Nicolás Maduro et la députée Cilia Flores. Ce jour-là, ils ont pris d’assaut le palais présidentiel, ont bafoué le système des Nations Unies, violé le droit national et international, et nous n’oublions pas ».
L’ancien ministre de Chávez (photos) a salué les efforts déployés par le gouvernement dirigé par Delcy Rodríguez, pour « négocier avec les ravisseurs », tout en dénonçant l’escalade des ingérences du gouvernement états-unien dans le pays. « La vérité, c’est que le Venezuela reste soumis à un blocus économique criminel. Et c’est ici que nous brandissons le drapeau que nous avons toujours brandi. Qu’on mette fin aux sanctions unilatérales contre le Venezuela, qu’on mette fin au blocus criminel contre le Venezuela. Et, dans ce contexte, le 3 janvier ne suffit pas ; ils continuent de nous menacer en permanence car ils disposent de navires, d’avions, de missiles et de drones. Ne tombons pas dans le piège des provocations qu’ils profèrent chaque jour, car ils veulent piétiner notre dignité. Ils veulent piétiner l’essence même de ce que nous sommes, ils veulent que nous renoncions », a-t-il souligné.
Dans le cœur du peuple
Au cours de la cérémonie, des responsables communaux et des militants ont mis en avant l’humilité et l’amour de la patrie comme les principaux enseignements laissés par le comandante. Luis Izturiz, conseiller municipal de Libertador, à Caracas, a souligné que la redécouverte de l’histoire et la formation des consciences constituaient les principaux héritages d’Hugo Chávez : « Le commandant Chávez nous a légué l’humilité. L’humilité au sein de ce peuple, parmi les gens ordinaires, parmi les bases, et surtout, il nous a fait découvrir l’histoire de Bolívar, l’histoire de Zamora, l’histoire d’un Venezuela que les gens ordinaires, les bases, les pauvres ne connaissaient pas », a-t-il souligné.
« Le combat ne se mène ni par la force ni par la violence. C’est un combat d’idées. Eux avec leur capitalisme et nous avec le socialisme, avec le peuple, avec les pauvres, qui constituent la base même de cette révolution. Eux là-bas avec leur capitalisme, nous ici avec nos idées. C’est pour cela que Chávez a fait entrer le peuple dans l’Histoire », a déclaré Izturiz.
Cinq mobilisations chavistes sont parties de différents quartiers de la capitale et se sont rassemblés dans le quartier du 23 janvier. | Prensa PSUV
Mariela est militante du mouvement pour le logement et reconnaît que le processus révolutionnaire traverse l’une de ses périodes les plus difficiles. Mais elle estime que c’est précisément dans l’héritage de Chávez que se trouvent les réponses pour continuer à avancer, malgré tout. « L’héritage du commandant a été pour nous l’élément fondamental pour résister à cette lutte à laquelle l’impérialisme nous a soumis. Aujourd’hui, nous sommes ici sans faiblir. Nous ne faiblirons pas. Comme l’a dit Martin Luther King, si nous ne pouvons pas voler, nous marchons. Si nous ne pouvons pas marcher, nous courons. Si nous ne pouvons pas courir, nous rampons. Mais nous ne faiblirons jamais dans notre idéal de construire une patrie libre, souveraine, humaine, qui soit un modèle pour le monde entier. Nous ne sommes pas à genoux, nous subissons l’intervention d’une force inhumaine, capitaliste, sauvage, qui ne s’intéresse qu’à nos richesses », a affirmé Mariela.
Antonela Frías porte le nom de famille de Chávez. Elle n’avait que 4 ans lorsque le leader vénézuélien est décédé. « J’écoute toujours le commandant, je regarde ses vidéos et c’est comme ça que j’apprends », explique la jeune habitante de la Commune socialiste Simón Bolívar. « J’ai 17 ans », dit Antonela en montrant son t-shirt orné des yeux d’Hugo Chávez. « Quand ce t-shirt est sorti, j’avais trois ans et aujourd’hui, je le porte en signe de mon amour pour lui, de mon amour pour la patrie, car c’est l’héritage qu’il nous a laissé. Il nous a appris à aimer la patrie comme notre propre vie », explique la jeune fille.
Manifestations d’extrême droite
L’extrême droite vénézuélienne, à travers le mouvement de Maria Corina Machado « Vente Venezuela », avait organisé ses propres manifestations contre « la dictature chaviste » et pour exiger d’accélérer une transition politique sous le contrôle des Etats-Unis, en particulier à travers la tenue d’ « élections démocratiques » . Et ce y compris avant la date prévue par la Constitution. La congressiste états-unienne d’extrême droite María Elvira Salazar, a exigé elle aussi d’accélérer la « transition » annoncée par Marco Rubio après l’enlèvement du Président Maduro et de la députée Cilia Flores. Salazar a vivement condamné l’incendie de drapeaux états-uniens et israéliens et de portraits de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu lors d’une manifestation chaviste au coeur de Caracas. Cette mobilisation visait la présence temporaire de secouristes et militaires des deux pays dans le cadre des opérations de secours liées au tremblement de terre. Ceux-ci ont quitté le Venezuela il y a plusieurs jours. « Les chavistes n’ont jamais été et ne seront jamais les alliés des États-Unis ni d’aucune nation du monde libre. Leur nature même est de détruire les institutions démocratiques, de semer la haine et de concentrer tout le pouvoir entre les mains d’une dictature », a déclaré Salazar, en réponse à la mobilisation chaviste anti-sioniste et anti-impérialiste.
Les manifestant.e.s de la droite vénézuélienne, eux, placent tous leurs espoirs dans la négociation qui commence entre l’Assemblée Nationale à majorité chaviste et l’ « assemblée nationale » parallèle, qu’ont créée il y a quelques années des partisans des putschistes Juan Guaido et Maria Corina Machado, une assemblée reconnue alors par les États-Unis comme « représentative » . La déléguée ce ce mouvement, Dinorah Figuera a déclaré aux journalistes qu’elle s’était rendue dans son pays natal « à l’invitation des États-Unis » dans le but de promouvoir la réforme du Conseil national électoral (CNE). L’actuel président de l’Assemblée Nationale, le chaviste Jorge Rodriguez, a rappelé qu’un point central de la négociation sera « la levée par Donald Trump des près de mille sanctions états-uniennes qui continuent à asphyxier le Venezuela » .
Leonardo Fernandes, correspondant à Caracas pour Brasil de Fato et BBC.
URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/07/29/qui-a-dit-que-le-chavisme-etait-mort-brasil-de-fato/
Photo de Une : Des milliers de Vénézuéliens se sont rassemblés mardi 28 juillet 2026 dans le quartier historique du 23 de Febrero à Caracas, pour célébrer le 72e anniversaire de la naissance de l’ancien président Hugo Chávez, décédé en 2013. L’événement a été marqué par des discours soulignant l’importance de la pensée chaviste face au contexte actuel d’ingérences étrangères dans le pays.